Château d’Hugues

Le château d’Hugues

Ainsi nommé du nom de son dernier propriétaire, le « Château d’Hugues » a été le dernier grand château seigneurial d’Ancelle.

Edifié vers le milieu du XVème siècle sur la rive droite de la Rouanne, il remplace le deuxième château, démoli peu de temps auparavant, qui était situé sur une éminence de la rive gauche (à l’emplacement du cimetière actuel du Château d’Ancelle, village qui tire justement son nom de ce monument disparu).

Le site choisi pour bâtir le nouveau château, à mi-distance du village du Château et du village d’Ancelle, tient compte de la nouvelle répartition de population entre les deux bourgs, au bénéfice du second.

Au milieu du XVIème siècle, il appartient à Guélis Rambaud, qui est aussi seigneur de Furmeyer, et qui participe aux combats menés par Henri II en Italie du Nord. Lorsqu’éclatent les guerres de religion à Amboise, en 1560, son fils Jacques vient d’être nommé prévôt du Chapitre de Gap, tandis que son autre fils Antoine gagne les rangs des milices réformées sous le nom de Capitaine Furmeyer. En Mai 1562, l’apostasie de Jacques Rambaud provoque son exclusion du Chapître. En représailles, Furmeyer prend la ville de Gap, ouvrant ainsi un épisode de guerre religieuse dans la région qui ne cessera qu’en 1589.

Antoine Rambaud meurt en janvier 1565. Son père Guélis qui vit toujours transige quelques jours après avec sa belle-fille pour partager l’héritage du défunt. A la mort de Guélis, Jacques Rambaud devient seigneur d’Ancelle. Le château passe ensuite par mariage aux Montauban, seigneurs de Jarjayes, qui reprennent les armes des Rambaud.

Après trois générations, le dernier des Montauban, Henri-Laurent, abjure la religion réformée en 1699. Par testament, il cède le château en 1731 à son oncle Scipion, qui meurt la même année. Honoré de Piolenc, président du Parlement de Dauphiné, en hérite en 1732 et le revend en 1738 à l’archevêque de Vienne Jean d’Yse de Saléon. Par Honoré Jean Baptiste de Piolenc, le château revient dans la famille de Piolenc et il est finalement racheté en 1767 par François d’Hugues, dont la femme est une de Piolenc. Celui-ci en sera le dernier possesseur. En l’an 2, François d’Hugues ayant émigré, le château est vendu aux enchères. Dix-sept propriétaires d’Ancelle s’en portent acquéreurs en indivision, par le truchement d’un homme de paille. Dans les années qui suivent, le monument est rasé, et ses pierres éparpillées dans le village d’Ancelle. Lors de la constitution du cadastre napoléonien en 1838, il ne reste du château que des parcelles nues, dont les noms seuls évoquent l’ancien bâtiment.

On sait tout de même, grâce à un inventaire réalisé en juin 1731, à quoi ressemblait ce château. C’était un bâtiment à l’architecture défensive, avec quatre tours d’angles, portail et pont levis. La cour centrale était occupée par un bâtiment agricole plus récent. Les seigneurs de Jarjayes n’y résidaient pas de façon continue, et le vaste domaine était loué à des Ancelus. Outre le château, la propriété comprenait des terres à La Chau, une ferme à Moissière, des bois et une partie de la montagne de Rouanne. Lors de la vente de l’an 2, le District de Gap, organisateur des enchères, a dû scinder la propriété en 52 lots pour permettre à un maximum de gens d’Ancelle de souscrire. Le château constituait le lot numéro 1. Il a été acquis comme vu plus haut par un prête-nom qui l’a immédiatement revendu en indivision à dix-sept Ancelus. Quelques années plus tard il n’en restait rien. La pierre portant les armoiries des Rambaud-Montauban a néanmoins été conservée, elle a été posée en réemploi sur la façade d’une maison d’Ancelle, ancienne maison des châtelains Provensal , où on peut encore la voir.

Histoire simplifiée du château d’Hugues par Maurice Lombard

Interprétation libre de la reconstitution du Château d’Hugues à Ancelle par Dominique Aubin