Ancelle et ses hameaux

Le Château d'Ancelle

Le site du Château d’Ancelle a révélé des traces d’occupation de la période romaine (nombreux débris de tuiles) et une pièce de monnaie, identifiée « Septime Sévère » (193-211), a été découverte au quartier de Chaume Froide. Cette présence romaine est cohérente avec celle qui est attestée dans de nombreux lieux du Champsaur.

En 1707, le compte-rendu de la visite pastorale de l’évêque mentionne 60 familles pour la paroisse Ste-Catherine (le Château et ses hameaux du Collet, de Sauron et de Chaume froide) ; pour ces 60 familles, il est précisé 200 âmes de communion (c’est-à-dire adultes, les enfants n’étant pas comptés).

En 1817, après la suppression de la paroisse, le Château d’Ancelle compte 35 familles (170 hab. environ), le maximum du XIXe siècle est de 180 habitants au Château, 50 à Chaume Froide et 92 pour le Collet/Sauron. Parmi les plus vieilles familles, au XIVe siècle, on trouve comme déclarés survivants de la peste, les chefs de famille Matheron, Espitallier, Jouvensel, Martin, Ebrard, Vivian, Brun ; au XVIe s’y ajoute la famille Rostain de Bataille ; au XVIIe les familles Philip, Meaille, Lagier, Garnier, Escallier, Davin, Brochier, Boisset et Borel.

St-Hilaire

Dès le XIVe siècle, le hameau est nommé « Sanctus Ylarius » (1371). En 1707, le hameau comporte 23 maisons (100 hab. environ) ; c’est le plus important des hameaux d’Ancelle. En 1817, on dénombre 17 familles (95 hab. environ), au milieu du XIXe siècle le maximum est de 113 habitants. Au début XVIIe, les plus vieilles familles qui occupaient le hameau étaient les Aimé Blanc (dit Sibille), Bessueille, Brochier, Chauvet (venant des Mias), Escallier, Espitallier (dit Bouteyron), Eyraud (dit Caton venant des Mias, dit le Rat), Garnier, Guerin (dit Pupin), Jouvensel, Lombard (dit Cabusson, dit Gonne, dit Théas, dit Danne), Magallon, Matheron, Picot, (venant de Manse), Provensal, Turcais ; au XVIIIe les familles Arnaudon, Girard, Grimaud, Nicolas et Vallet.

Depuis le XIVe siècle, une chapelle dédiée à St Hilaire existait dans le hameau. En 1689, une chapelle fut construite sur la place en face du four, elle a existé jusqu’au milieu du XIXe siècle. En 1692, 12 chefs de familles du hameau s’engagent, par acte notarié, à entretenir la nouvelle chapelle ; en 1742 on y célèbre même un mariage. Elle a été remplacée par l’actuelle chapelle qui est moderne et située sur le côté du four.

Les Matherons

Le hameau des Matherons apparait plus tardivement dans les archives, « Mansum de Matarones » en 1479. En 1707, le hameau comporte 11 maisons (50 hab. environ). En 1817, on dénombre 14 familles (75 hab.) ; au milieu du XIXe siècle le maximum est de 74 habitants. Les plus vieilles familles qui occupaient le hameau, au début du XVIe, sont les Matheron et Matheron Pascal ; au XVIIe les familles Bessueille, Brochier, Escallier, Garnier, Grimaud, Motte et Louis Motte, Nicolas (dit Coste ou Coueste, dit Grand), Simiand, et complétées au XVIIIe par les familles Chauvet, Espitallier, Eyraud et Villard. Une chapelle, mentionnée dans les reconnaissances, existait depuis le XIVe siècle. Dans sa visite pastorale du 9 août 1612, l’évêque de Gap fait l’inventaire des revenus que le prieur de Romette tire de la paroisse St-Martin et mentionne « la filholle des cures appellée les Matherons tire deux charges de bled et l’autre transailhes » (c’est-à-dire mélange orge/seigle). L’actuelle chapelle St-Pierre-ès-Liens date de 1803 et a été entièrement restaurée en 1995.

Les Faix

Comme St-Hilaire, le hameau des Faix est présent au XIVe siècle, « Faysia » en 1371.

En 1707, le hameau comporte 15 maisons. En 1817, on dénombre 13 familles (80 hab. environ) ; au milieu du XIXe siècle le maximum est de 90 habitants. Les plus vieilles familles qui occupaient le hameau au début XVIe sont les Borel, Brochier ; au XVIIe Escallier, Espitallier, Lombard, Seinturier, Vincent ; au XVIIIe Bonnafoux, Clement, Garnier, Pellissier et Simiand.

En 1735, le 3 juin, André Escallier feu Christophe résidant aux Faix, fait rédiger chez Me François Leblanc notaire d’Ancelle, l’acte de fondation de la chapelle qu’il a fait construire aux Faix, « au dernier de la maison dudit Escallier du costé du septantrion, sur une regalle que cy est trouvée, y a fait dresser un hautel et mettre un tableau de St Joseph et de Ste Marie, dezirant d’y faire dire et cellebrer Saintes messes, soit une ou plusieurs dans le courant de chaque année, à l’avenir à perpetuité, soubs le bon plaisir de Mgr l’Evêque de Gap ou de Mr son Grand Vicqaire. ». Le fondateur a même équipé la chapelle « d’un calice d’argent, patène, chaisuble, aube, burettes, livres et autres ornements necessaires à cellebrer Saintes messes, mesme d’une petite cloche » pour la célébration des messes dont il fixe la périodicité. De cette chapelle, il ne subsiste qu’une petite panelle (clocher-mur) avec sa cloche, adossée à un bâtiment rural.

Moissière

Comme les autres hameaux, le hameau de Moissière apparait dès la fin du Moyen Âge sous les formes, « In Moyssera » (1385,1395,1482), « In Comba Moycherie » (1371), « Moyssiero » (1553), puis « Meyssière » (1591). En 1707, Moissière est cité comme le 7e hameau de la paroisse St-Martin et comporte « huit maisons écartées sur la montagne ». En 1817, le recensement mentionne 7 familles (35 hab. environ) ; en 1876, le maximum est de 56 habitants répartis en 9 familles avec une famille à Arthaud, domaine qui appartient à la famille « noble » Provensal. Les plus vieilles familles qui occupaient le hameau au début XVIIe sont les Jevaudan, Seinturier ; au XVIIIe s’y ajoutent les Bertrand, Escallier et Escallier Isnard, Espitallier, Philip, Sarret ; et au XIXe les Chauvet. Les habitants du hameau ont l’usage d’un four communal. Au milieu du XVIIIe siècle, sur la carte de Bourcet et d’Arçon, le chemin qui permet d’accéder au hameau, franchit le « col de Moussière » pour rejoindre « la Bastie Neuve ».

La Vallée de Rouanne

Les lieux de vie de la vallée de Rouanne sont cités dès le la fin du XIVe siècle, « In Méanis » en 1387 et 1399.

En 1707, dans la vallée de Rouanne, on recense 7 maisons aux Mias, et 8 maisons, dispersées dans la montagne (Serre la Grange ou Pomponne aujourd’hui, Rouanne basse et Rouanne haute). En 1817, on dénombre 16 familles (75 hab. environ) dans la vallée, au milieu du XIXe siècle le maximum est de 40 habitants pour les Mias et 35 pour Rouanne. Les plus vieilles familles qui occupaient le hameau des Mias au début du XVIIe (les Méans, nom ancien) sont les familles Seinturier, Provensal, Eyraud (dit Caton, dit Pintre), Escallier, Chauvet, Borel Favier ; au XVIIIe, les familles Garnier, Jevaudan (dit Pupil).

Pour Rouanne (Haute et basse), au début du XVIIe, les familles sont les Seinturier (dit Bajon), Garnier, Favier, Borel Favier, Espitallier (dit Begadon) ; au XVIIIe, s’y ajoute la famille Villard.

Le fond de la vallée, appelée « la Montagne », est le domaine du seigneur qu’il louait depuis le XIVe siècle, aux bergers d’Arles. La vallée était partagée entre les « communs » de la communauté et les « terres nobles ». Cette situation créa de nombreux conflits et procès pendant près de cinq siècles. La location des pâturages était une source importante de revenus, à la fois pour le seigneur (droit de pâsturage ou paquerage) et la communauté qui perçoit un droit de passage (« droit de pulvérage »).

Le Collet, Chaume Froide et Sauron

« Colletum » est déjà mentionné en 1395. En 1817, le hameau (avec Sauron) compte près de 90 habitants répartis en 15 familles. Depuis le XVIe siècle, les Martin sont très nombreux (dit Reymondon, dit Collin, dit Gingolle, dit Rebèque, dit Bert) ; au XVIIe, on trouve en plus les familles, Eyraud (dit Caton), Escallier, Espitallier, Lombard, Nicolas et Seinturier.

En 1731, Joseph Martin fait un don pour l’achat d’une cloche pour la nouvelle chapelle St-Jacques, cette chapelle existe encore sur le cadastre de 1830 ; elle est aujourd’hui entièrement ruinée.

Chaume Froide est « Chauma frigida » en 1402 ; au milieu du XVIIe siècle ce quartier nommé « Chambe froide » est déjà bien peuplé. Le maximum, au milieu du XIXe siècle, est de plus de 50 habitants répartis en 5 familles principales : Bessueille/Escallier Lachaup chez Grillade ; Espitallier/Vincent chez Robert ; Pellissier/Gasquet maison Noël du Piéton ; Grimaud/Pellegrin chez Pierre de l’ase ; Sarret chez le Christ. Le quartier est progressivement déserté à partir de 1930.

Sauron, au milieu du XVIIIe siècle, est habité par les familles Martin et Arnaud (8 habitants).

Les Taillas

Sur les cartes IGN de 1950 et de Chorges (1/20 000 mise à jour en 1956), le quartier des Taillas ne comporte aucune construction, son développement est directement lié aux débuts de la station